Muntjac sauvé de la boucherie par Nathalie

Article publié le : 11/03/2011

Muntjac

Voici un nouveau témoignage qui s’ajoute à notre livre d’or des chevaux sauvés de la boucherie par des hommes et femmes de coeur.
Muntjac n’est plus mais il a été accompagné jusqu’au bout par Nathalie qui nous raconte cette belle histoire. En fin de récit des conseils précieux pour ceux qui voudraient se lancer dans un tel sauvetage.

J’ai sauvé un cheval de la boucherie en 1997. Muntjac était un trotteur de l’UCPA (club financé par le ministère de la jeunesse et des sports). Et comme tout cheval arrivant en fin de carrière, c’est à dire quand l’animal est trop fatigué pour supporter un cavalier et des heures de travail, il est promis au marchand de viande. A l’époque, j’étais apprentie cavalière dans le club de St Léger en Yvelines. J’y montais en reprise deux fois par semaine pour apprendre à tenir sur le dos d’un cheval. Mon objectif était alors de pouvoir me promener en forêt, tout simplement.

Quand j’ai su par une monitrice que plusieurs chevaux partaient “en retraite” (pour reprendre ses termes), j’ai mobilisé une équipe de 8 personnes pour les sauver, leur trouver des acheteurs et des pensions sérieuses à prix raisonnable.

Tous les chevaux trouvèrent leur ange gardien, sauf Muntjac. Malgré ma situation matérielle incertaine, je ne pouvais laisser partir Muntjac à l’abattoir, cette idée m’était intolérable. J’ai donc pris la décision qui s’imposait à moi et le jour J, je l’emmenais dans une ferme détenue par un petit éleveur.

Muntjac et Nathalie

A 18 ans, il n’avait connu que le box, il s’est peu à peu métamorphosé. Après une période d’adaptation d’un mois durant lequel il dépérissait (il avait perdu 50kg), il a repris confiance et envie de vivre. Peut-être grâce aux carottes que je lui apportais chaque jour. Il a retrouvé la joie de se rouler par terre, tout étonné de ne pas se coincer les pieds quelque part. Il s’est vite intégré dans le groupe de chevaux hongres avec lesquels il était sorti chaque jour, puis il s’est mis à “draguer” les jeunes pouliches de l’éleveur en hennissant et se cabrant à leur approche. Tous les visiteurs et le personnel de la ferme le trouvaient adorable de gentillesse. Il m’accueillait toujours avec de petits “grognements”, me léchait les mains et me volait le pain sec que je coinçais dans ma bouche.
Ensemble, nous allions nous promener en forêt (le manège et la carrière, il les avait trop connus) et nous avions beaucoup de plaisir à trotter dans les larges allées, débusquant parfois un lièvre, un chevreuil ou un cerf. En vieillissant, il est devenu cardiaque et j’ai cessé de le monter. C’était devenu trop dangereux pour tous les deux. A l’âge de 28 ans, il a hélas fait une mauvaise colique à la fin de l’été et j’ai du faire abréger ses souffrances.

Malgré des périodes de chômage prolongé et de difficultés financières sévères rencontrés au cours des 10 années passées avec lui, je ne l’ai jamais abandonné. J’avais pris l’engagement de lui éviter la boucherie, j’ai assumé mon choix jusqu’au bout, quitte à me priver de tout.

Toutefois, je crois que les adoptants d’équidés devraient pouvoir s’appuyer sur une structure associative pour qu’en cas de grands soucis financiers, ils puissent faire appel à elle. Il me semble en effet que beaucoup d’animaux sont délaissés ou abandonnés quand leurs propriétaires ne peuvent plus temporairement assumer. Eh oui !! Tous les humains n’iront pas se priver de manger pour payer la pension de leur compagnon équidé. Je ne regrette rien de cette expérience, mais cependant aujourd’hui, j’attends de sécuriser ma situation financière pour pouvoir, à nouveau, sauver un autre équidé.

Recommandation : un cheval doit pouvoir accéder à un pré assez grand et stable pour pouvoir y trotter. A défaut d’être rentrée en box à la mauvaise saison, il doit bénéficier d’un abri avec de la paille proche en quantité. Au pré, son alimentation doit être enrichie en céréales : orge, avoine,… Un cheval seul s’ennuie et peut développer des pathologies. Pour éviter tout accident grave, mâles et femelles ne doivent pas être parqués ensemble, et les animaux doivent être déferrés de l’arrière train. Prévoir en plus de la pension : soins de maréchalerie (parure minimum toutes les 6-8 semaines, plus éventuellement ferrures avant), soins vétérinaires (vermifuge bi-annuel, vaccins,…), assurance responsabilité civile (pour les dégâts occasionnés par l’animal le cas échéant). Attention : passé 20 ans ou légèrement handicapé, un cheval n’intéresse plus grand monde ; il faut donc pouvoir l’assumer jusqu’à la fin de sa vie. Un cheval est plus sensible qu’un chien : il ressent votre état émotionnel plus fortement et stresse donc plus facilement. C’est un animal d’une grande sensibilité qui apporte beaucoup à son propriétaire.

Voilà, j’espère que mon témoignage sera utile et pourra aider de futurs adoptants à prendre les bonnes décisions.
Nathalie

 

Commentaires

  1. Sandra says:

    c’est beau ce que ta fait pour Muntjac, sa serais magnifique si tous le monde avais un coeur aussi gros que le tien.
    C’est dégueulasse que dès que le cheval ne peut plus courrir ou qu’il vieilli il part à la boucherie MAIS N’ONT-ILS PAS DE COEUR!!!!!!!!
    Personne ne respecte ses pauvre bête adorable comme tous.

  2. cati says:

    BRAVO j ai egalement sauve le cheval que je montais dans un club pres de Paris mais pour que tous les cavaliers prennent conscience que les chevaux “a la retraite” partent a la boucherie et non dans un pre, j avais mis une affiche sur une tirelire pour que tout le monde puisse participer a son rachat et sa pension. Apres moi, le directeur a autorise le sauvetage d autres chevaux de club. Ceci est faisable dans tous les clubs si l on trouve avant le sauvetage, une bonne pension pas trop chere car apres il faut assurer 10 ou 15 ans de nourriture, veterinaire et marechal ferrant pour le parrage. A vos economies………………………..

  3. Fournier Fabien says:

    Ma chère Nathalie , aurais -tu la gentillesse de me faire parvenir une photo de Muntjac, j’ en avais une , mais impossible de la retrouver .
    Muntjac restera à jamais , mon pote .Ont avaient un super fealing tous les 2.
    Après l’ avoir monter , j’ étais un des seuls cavalier , de m’ occuper de mon ami , après le travail.Les autres , ils rentraient leur monture,et partaient .Moi je restais pour m’ occuper de mon MunMun.Encore bravo pour ton courage.
    Et merci d’ avance si tu peux me faire parvenir une photo de Muntjac.Fabien..

    • nathy78 says:

      Mon cher Fabien, j’ai été très touchée par ton message et il semble évident que tu aimais Muntjac, mon gros bébé noir, ma peluche de tendresse. Oui, Muntjac était un cheval exceptionnel, gentil, généreux et intelligent. J’ai hélas très peu de photos de lui (mon ex ami me les a volé pour me nuire).
      Si tu m’indiques une adresse mail, je te ferais parvenir le peu que j’ai, en souvenir de notre Moumoun adoré.
      Avec mon amitié
      Nathalie

  4. Fournier Fabien says:

    Nathalie , je te tire mon chapeau pour ton courage.
    Sache , j’ étais cavalier à l’ UCPA st léger en Yvelines .
    J’ ai travaillé avec Muntjac .Nous étions de vrais amis .Il était mon soleil.
    Quand j’ arrivais , il piaffait de bonheur .Je m’ occupais de lui , lui faisait son
    pansage , lui curait les sabots et passait la graisse .Je l’ enmenais brouter .
    Lorsque j’ ai su qu ‘il allait partir en retraite , j’ avais demander au directeur
    de l’ UCPA , de me prévenir , quand je pourrais le racheter .Ils ne m’ ont rien dit , et ne m’ ont pas prévenu de son départ , j’ étais très faché .
    Auprès de toi ,il à eu une belle fin de vie .Merci .Muntjac tu restera jusqu’ à
    la fin de mes jours dans mon coeur .J’ ai en mémoires tous les bonheurs ,que j’ ai eu avec toi , tu es en mon ame pour l’ éternité .A toi Muntjac.Merci pour tous les bons moments que j’ ai eu avec toi .Mon
    Muntjac.

  5. Founier fabien says:

    J’ ai connu Muntjac à l’ UCPA st léger .Ont étaient très amis .Il était mon soleil.Lorsqu’ il arrivait à la retraite , j’ avais demandé à l’ Ucpa de reprendre
    mon Muntjac , Mais ces abrutis ne m’ ont pas prévenue qu ‘il était parti chez quelqu ‘un d’ autre .Je ne leur en veux pas .
    Mais Muntjac était mon bébé , Muntjac jamais je ne t’ oublierai , tu es toujours dans mon ame , Muntjac tu es dans mon coeur pour l’ éternité .

  6. SAINT-ETIENNE says:

    quel bel exemple que le votre. volonté, détermination, courage sont des qualités que vous avez sans conteste. beaucoup de gens feraient bien de prendre exemple sur vous quand on voit des gens désoeuvrés, désequilibrés qui ne pensent qu’à faire des conneries dans leur vie.
    je n’ai ni les moyens ni l’espace pour adopter un cheval aujourd’hui mais si ma situation financière s’améliorait, sachez que c’est avec plaisir que j’aiderais des associations de défense des animaux.
    je le fais d’ailleurs aujourd’hui d’une façon modeste.
    encore merçi à vous

  7. magret says:

    Bravo à vous , vous n’avez pas hesité malgrés des situations personnelles compliquées parfois , exemple a suivre …………..merci de vote exemple

  8. aline says:

    quand ej vivais dans les Yvelines j allais me promener partout avec mes chiens
    non loin de Versailles il y avait d immenses près avec chevaux et ânes
    il y avait toujours le même cheval qui venait vers moi se laisser caresser le museau et je lui donner toujours une carotte)
    comme s il connaissait l heure de notre rdv hebdomadaire
    oui les chevaux sont magnifiques très sensibles
    merci Nathalie pour avoir sauvé et aimé Muntjac
    très beau témoignage et que vos conseils soient suivis par tous les amoureux des chevaux

  9. katherine says:

    Je ne prends jamais le temps de lire complètement une histoire, maintenant je sais pourquoi : depuis plus d’une demie heure je renifle, me mouche et m’essuie les yeux… Superbe histoire qui redonne confiance en l’Homme. C’est bon de le savoir. Nathalie vous êtes BELLE. Votre projet est fantastique et merveilleux. Je souhaite de tout cœur qu’il voit le jour très rapidement, d’ailleurs il va voir le jour très rapidement, vous allez fédérer un bel élan. C’est beaucoup de boulot à venir et de montagnes à déplacer. Je ne connais rien aux chevaux, seulement que je les aime comme j’aime tout être vivant doué d’amour. Si je peux, à mon niveau, vous aider, c’est avec plaisir.
    Merci de dire ce que cela implique d’adopter un animal, merci de le quantifier tant au point de vue financier, que temps, qu’espace…
    Courage et force

    • EYRIES Françoise says:

      Voila moi je suis comme Katerine, j’essaie de ne pas trop lire ces témoignages parce que je pleure comme une fontaine. Tout m’émeut : le parcours de l’animal, celui de l’adoptant (ou sauveur) et de savoir tout ce qui arrivent à ceux qui n’ont pas eu la chance de rencontrer quelqu’un qui les aide à sortir de l’enfer.
      J’ai été très déçue le peu de temps ou j’ai eu des fréquentations qui avaient des chevaux, on les utilise, on les vend on ne cherche pas à leur offrir une retraite paisible (souvent ce sont des gens qui ont les moyens et la place de le faire). Bref je n’ai pas chercher à les revoir…
      En tous cas bravo et merci Nathalie, ça me remonte toujours le moral de voir qu’il existe des belles personnes comme vous !

  10. Cécile says:

    Bravo Nathalie pour votre grand coeur et votre courage ces 10 années. Muntjac a dpu toujours vous redonner courage dans les moments où vous avez peut-être douté de “voir le bout du tunnel financier”.
    Bien à vous,
    Cécile.

  11. enkeli says:

    tres beau sauvetage Nathalie !!
    Joelle peut etre un jour vous sauverez un autre cheval et vous ne trahiréz pas votre compagnon qui a eu une belle vie grace à vous et qui sera fier de vous de sauver un autre des ses congeneres
    J’aimerais tant sauver un animal de la boucherie moi aussi avant de quitter cette terre !!!

  12. RIHOUX says:

    Merci Nathalie ! Vous avez étez merveilleuse ! Merci pour lui !

  13. Joëlle says:

    Por ma part, je n’ai pas sauvé mon cheval de la boucherie, mais je l’ai acheté à un maquignon. Il était attaché à une corde à l’arrière d’un camion, en plein soleil, sans eau. J’ai eu un énorme coup de coeur pour ce poulain de 18 mois. Il a traversé ma vie, partagé tous les moments de joie, de peine. Malgré plusieurs épreuves de la vie, divorce, maladie, jamais je n’ai pensé à le vendre ou l’abandonner. Et pourtant, pour moi aussi, certains moments ont été durs, mais jamais, jamais, je n’aurais pu me séparer de mon compagnon. Lui aussi vient de partir, à l’âge de 33 ans et c’est une douleur et un vide immense. Jamais je ne comprendrais les gens qui se séparent de leur cheval après des années de “bons et loyaux services”. C’est révoltant.
    Je vous admire beaucoup Nathalie. Pour moi, c’est fini, je n’aurai jamais plus de cheval. C’est certainement égoïste, mais j’ai trop de peine et j’aurais le sentiment de trahir mon compagnon après 31 ans passés ensemble.

  14. silene says:

    belle histoire,Nathalie,qui ressemble a la mienne.j ai racheté un cheval de mon club (mon préféré) quand il a été mis a la retraite a 15 ans.il aura 30 ans dans 2 mois et c est un grand bonheur de partager une si belle tranche de vie avec lui.malgré les difficultés financières,je l ai jamais laché.Nous sommes vraiment chanceuses d avoir croisé la route de ces animaux fantastiques.

  15. Sandrine says:

    Oui, bravo Nathalie ! Et merci pour ton engagement et pour le partage émouvant et passionnant de ton expérience !

  16. Alexandra says:

    Tout simplement BRAVO cette histoire est magnifique…

  17. amiedelavie says:

    Merci beaucoup pour ce magnifique témoignage !
    J’ai moi-même un trotteur : Cochise, sauvé du “couteau”. Il a maintenant 31 ans et vieillit tranquillement dans un grand pré devant chez moi. Mon mari et moi-même avons acheté notre maison en fonction de lui : pré avec abri sous nos yeux, point d’eau et “copains” d’un Centre Equestre tout proche. J’ai longtemps pratiqué l’équitation et il faut vraiment bien connaître les chevaux avant de se lancer dans leur adoption. Notamment au niveau du soin des pieds : il faut les curer tous les 2 jours soi-même, leur appliquer goudron de Norvège et onguent blond ou noir selon la saison et l’état du terrain et être habitué à ce geste. De même pour les vaccins que je fais moi-même. Il faut veiller aussi aux soins dentaires : visite d’un dentiste équin tous les 2 ans. Cochise n’a pas pu bénéficier de ceux-ci avant d’arriver chez moi, aussi sa dentition s’est mal usée et il ne peut manger que des granulés adaptés aux vieux chevaux. Il faut également avoir sous la main des produits de base pour les petites plaies ou pour soulager une colique en attendant le vétérinaire.
    Mais comme il m’a donné du bonheur, mon bull-dozer avec qui j’ai fait des balades inoubliables lorsqu’il a réappris à galoper !
    L’adoption d’un cheval est non seulement une question de sentiments mais ausssi de connaissance et de réflexion, ce que vous avez très bien décrit !

  18. Senthy says:

    Bsr. Merci à Paul, pour le message et renseignement très utiles. Merci.

  19. mum says:

    une bien belle histoire et un bien beau geste
    je viens moi meme d’adopter un pur sang de 18 ans promis à l’abattoir car boiteux et arthrosique par l’association GPLV et c’est un bonheur de le voir reprendre gout à la vie

  20. JEAN PAUL says:

    NATHALIE,
    Je suis trés heureux,pour toi,de tous ces témoignages émouvants et mérités.Garde cette énergie en toi,qui force l’admiration,et nous fait garder espoir en l’etre humain.Une ‘belle ame’ de tous les mots,sortis des témoignages,c’est celui qui te va le mieux.

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